Le sang monta au visage pâle d'Élisa. Elle se leva tout émue, saisie d'un tremblement nerveux, et jeta les yeux sur son fils.
«Non! non! dit la petite Ruth en se levant et en lui prenant la main, non! jamais!... Ne crains rien. Ce sont de bonnes nouvelles, Élisa.... ne crains rien. Va, va!» Et elle la poussa vers la porte qu'elle ferma après elle. Puis, revenant sur ses pas, elle prit le petit Henri et se mit à l'embrasser.
«Tu vas voir ton père, petit! sais-tu cela? ton père qui va venir!» Et elle lui répétait toujours la même chose: l'enfant ébahi la regardait avec de grands yeux.
Cependant une autre scène se passait dans la chambre.
Rachel attira Élisa vers elle et lui dit:
«Le Seigneur a eu pitié de toi, ma fille, il a tiré ton mari de la maison de servitude!»
Un nuage de sang rose monta aux joues d'Élisa, puis il redescendit jusqu'à son cœur; elle s'assit pâle et presque inanimée.
«Du courage, mon enfant, du courage! ajouta-t-elle en posant ses mains sur la tête d'Élisa. Il est avec des amis; ils l'amèneront ici.... cette nuit.
—Cette nuit! répétait Élisa; cette nuit!»
Les mots perdaient leur signification pour elle. Il y avait dans sa tête toute la confusion d'un rêve; un nuage passait devant son esprit.