—Oh Dieu! non!... Je n'avais plus de serviettes.... j'ai pris celle-ci pour l'envoyer au blanchissage.... Voilà pourquoi elle est là....
—Étourdie!» dit miss Ophélia en se parlant à elle-même, et elle continua à fureter dans le tiroir.... Elle y trouva une râpe et deux ou trois noix de muscade, un livre de cantiques méthodistes, des madras déchirés, de la laine, un tricot, du tabac, une pipe, des pétards, deux sauciers dorés et de la pommade dedans, de vieux souliers fins, un morceau de flanelle très soigneusement piqué, renfermant de petits oignons blancs, des nappes damassées et de grosses serviettes, des aiguilles à tricoter, et des enveloppes déchirées d'où s'échappaient de ces herbes odoriférantes, à qui le soleil du midi sait donner de si ardents parfums.
«Où mettez-vous vos muscades?» demanda miss Ophélia, du ton d'une personne qui a prié Dieu de lui donner de la patience.
«Partout, missis! Il y en a dans cette tasse fêlée.... il y en a aussi dans cette armoire.
—Il y en a aussi dans la râpe, dit miss Ophélia en les atteignant.
—Oui! je les y ai mises ce matin. J'aime à avoir tout sous la main. Jack! à vos affaires.... pourquoi vous tenir là? attendez.... Et elle brandit sa baguette vers le coupable.
«Qu'est cela? fit miss Ophélia, en atteignant le saucier plein de pommade.
—Oh! c'est ma graisse, je l'ai mise là pour l'avoir sous la main....
—Ah! c'est ainsi que vous employez les sauciers dorés!
—Dam! j'étais si pressée.... je l'aurais retirée un de ces jours....