«Savez-vous bien, Éva, que je suis tout triste que papa ne reste que deux jours ici? Je vais être si longtemps sans vous voir! Si j'étais avec vous, j'essayerais de devenir bon, de ne plus battre Dodo.... Je n'ai pas l'intention de lui faire de mal.... mais, vous savez, je suis si vif!... Je vous assure que je ne suis pas mauvais pour lui! Je lui donne un picaillon de temps en temps... et vous voyez que je l'habille bien.... En somme, Dodo est assez heureux.
—Vous trouveriez-vous heureux, s'il n'y avait autour de vous personne pour vous aimer?
—Moi? non, sans doute!
—Eh bien! vous avez pris Dodo à ceux qui l'aimaient.... et maintenant il n'a plus d'affection auprès de lui.... ce bien-là, vous ne pourrez pas le lui rendre.
—Eh! mon Dieu non, je ne puis pas.... je ne puis pas l'aimer, ni moi, ni personne ici!
—Pourquoi ne pouvez-vous pas? dit Évangéline.
—Aimer Dodo!... Que voulez-vous dire, Éva? Il me plaît assez.... mais l'aimer! Est-ce que vous aimez vos esclaves?
—Sans doute.
—Quelle folie!
—La Bible ne dit-elle point qu'il faut aimer tout le monde?