«O Éva! dites-nous ce que vous voyez!... dites, Éva, que voyez-vous?»
Un radieux sourire passa sur son visage, et d'une voix entrecoupée elle murmura:
«Oh! amour... joie... paix!» Puis elle poussa un soupir... et elle passa de la mort à la vraie vie.
Et maintenant, adieu, ô bien-aimée! les portes étincelantes, les portes éternelles se sont refermées sur toi... ton doux visage, nous ne le verrons plus... oh! malheur à ceux qui t'ont vue monter dans les cieux.... malheur à eux, quand ils se réveilleront, et qu'ils ne retrouveront plus que les nuages froids et gris de la vie quotidienne... toi absente pour toujours!
CHAPITRE XXVII.
La fin de tout ce qui est terrestre.
Les statuettes et les peintures de la chambre d'Éva furent recouvertes de voiles blancs; on n'entendait que des murmures, des soupirs et des pas furtifs... la lumière glissait à travers les stores abaissés, comme pour éclairer ces ténèbres solennelles.
Le petit lit était drapé de blanc, et, sous la protection de l'ange incliné, la jeune fille reposait dans ce sommeil dont on ne s'éveille plus.
Elle reposait, vêtue de cette simple robe blanche que, pendant sa vie, elle avait si souvent portée.... Cette lumière rose, tamisée par le rideau de la chambre, versait comme un chaud rayon sur cette froide glace de la mort... Les longs cils retombaient sur la joue si pure, la tête était inclinée comme dans le vrai sommeil; mais sur tous les traits du visage on voyait répandue cette expression céleste, mélange de repos et d'extase, qui montre que ce n'est pas là le sommeil d'une heure, mais ce long et sacré sommeil que Dieu donne à ceux qu'il aime...