Tom parlait d'une voix tremblante et pleine de larmes. Saint-Clare appuya sa tête sur son épaule et serra sa main rude et noire, sa main fidèle!
«Tom, vous m'aimez!
—Oh! oui, et je bénirais le jour où je pourrais donner ma vie pour vous voir chrétien.
—Pauvre fou! dit Saint-Clare, se relevant à demi, je ne suis pas digne de l'amour d'un bon et honnête cœur comme le vôtre!
—O maître! il y en a un plus grand que moi qui vous aime.... le Seigneur Jésus!
—Comment le savez-vous, Tom?
—Je le sens, maître; «l'amour du Christ qui passe tout savoir!...»
—C'est étrange! murmura Saint-Clare en faisant quelques pas. L'histoire d'un homme qui a vécu et qui est mort, il y a dix-huit cents ans.... peut encore aujourd'hui ébranler les hommes.... Mais il n'était pas un homme! Jamais homme n'eut un pouvoir aussi durable, aussi vivant! Oh! si je pouvais croire ce que ma mère m'enseignait!... Si je pouvais prier comme je priais quand j'étais enfant!...
—Si mon maître voulait.... miss Éva lisait cela si bien!... Je voudrais que mon maître fût assez bon pour le lire.... Je ne lis plus guère depuis que miss Éva est partie....»
C'était le chapitre onzième de saint Jean, la touchante histoire de la résurrection de Lazare. Saint-Clare la lut tout haut, s'arrêtant souvent pour maîtriser l'émotion que faisait naître en lui ce récit pathétique.