«Seigneur, quand donc avons-nous vu que vous aviez faim, que vous aviez soif, que vous étiez sans asile, que vous étiez nu, que vous étiez malade, que vous étiez en prison.... et ne vous avons-nous pas assisté?»
«Et il leur répondra:
«Chaque fois que vous avez refusé d'assister le dernier d'entre mes frères.... c'est moi-même que vous avez refusé.»
Saint-Clare parut frappé de ce dernier passage, car il le lut deux fois, et la seconde fois lentement, comme s'il en eût médité les paroles.
«Tom, dit-il, ces gens qui sont si rigoureusement traités ont fait tout juste ce que je fais.... Ils ont vécu dans l'aisance, confortablement, sans s'inquiéter combien de leurs frères avaient faim, avaient soif, étaient malades ou en prison!...»
Tom ne répondit pas.
Saint-Clare se leva et marcha tout pensif le long de la véranda, paraissant oublier tout ce qui n'était pas sa pensée.... et il était si absorbé, que Tom fut obligé de lui rappeler que l'on avait sonné deux fois pour le thé.
Pendant le thé, Saint-Clare demeura distrait et tout pensif. Le thé fini, Marie, miss Ophélia et lui passèrent au salon sans mot dire.
Marie s'étendit sur un sofa, à l'abri d'une moustiquaire de soie; elle fut bientôt profondément endormie.
Miss Ophélia tricotait.