—Oh ciel! reprit la première interlocutrice, vous n'en avez jamais entendu parler?... Moi, dans le Kentucky, j'avais l'habitude de l'entendre lire à Madame. Mais ici on n'entend rien que des jurements et des coups de fouet.

—Lisez-m'en un peu pour voir,» dit la femme en remarquant l'attention de Tom.

Tom lut:

«Venez à moi, vous tous qui souffrez et qui êtes surchargés, et je vous soulagerai.»

«Voilà de bonnes paroles, dit la femme; qui est-ce donc qui les a dites?

—Le Seigneur, répondit Tom.

—Je voudrais bien savoir où le trouver, dit la femme, j'irais à lui. Hélas! ajouta-t-elle, je n'ai jamais été soulagée, moi! et ma chair est bien malade. Tout mon corps tremble. Sambo est toujours après moi, parce que je n'épluche pas assez vite. Il est minuit avant que je puisse souper, et je n'ai pas fermé les yeux que déjà j'entends les sons du cor.... c'est le matin: il faut repartir! Ah! si je savais où est le Seigneur, comme j'irais lui dire cela!

—Il est ici, il est partout, reprit Tom.

—Ah! vous voulez me faire croire cela.... je sais bien que non, qu'il n'est pas ici, le Seigneur! Faut pas me dire ça à moi. Adieu! je vais me coucher.... si je puis dormir un peu!»

Les femmes se retirèrent dans leurs cases, et Tom resta seul assis au foyer, dont les lueurs mourantes jetaient de rouges reflets sur son visage.