Quelques semaines après, Georges, sa sœur, sa mère, sa femme et ses enfants s'embarquaient pour l'Afrique. Nous nous trompons fort, ou le monde entendra encore parler de lui!
Nous n'avons rien à dire de nos autres personnages.
Un mot pourtant sur miss Ophélia et sur Topsy, et un chapitre d'adieu, que nous dédierons à Georges Shelby!
Miss Ophélia emmena Topsy avec elle dans le Vermont. Grande fut la surprise de ce respectable corps délibérant, qu'une bouche de la Nouvelle-Angleterre appelle toujours «nos gens.» Nos gens pensèrent donc tout d'abord que c'était une addition aussi bizarre qu'inutile à leur maison, très-complétement montée. Mais les efforts de miss Ophélia pour remplir le devoir d'éducation qu'elle avait accepté avaient été couronnés d'un tel succès, que Topsy se concilia rapidement les bonnes grâces et les faveurs de la famille et de tout le voisinage. Parvenue à l'adolescence, elle demanda à être baptisée, et elle devint membre de l'Église chrétienne de sa ville. Elle montra tant d'intelligence, de zèle, d'activité et un si vif désir de faire le bien, qu'on l'envoya, en qualité de missionnaire, dans une des stations d'Afrique; et cet actif et ingénieux esprit, qui avait fait d'elle un enfant si remuant et si vif, elle l'employa, d'une façon plus utile et plus noble, à instruire les enfants de son pays.
Peut-être quelques mères seront heureuses d'apprendre que les recherches de Mme de Thou la mirent enfin sur les traces du fils de Cassy. C'était un grand jeune homme énergique; il avait réussi à s'enfuir quelques années avant sa mère. Il avait été accueilli et instruit dans le nord par des amis dévoués au malheur. Il rejoindra bientôt sa famille en Afrique.
CHAPITRE XLIV.
Le libérateur.
Georges Shelby n'avait écrit qu'une seule ligne à sa mère pour lui apprendre le moment de son retour. Il n'avait pas eu le cœur de raconter la scène de mort à laquelle il avait assisté; il avait essayé plusieurs fois.... ses souvenirs l'avaient comme suffoqué. Il finissait toujours par déchirer son papier, essuyait ses yeux et sortait pour retrouver un peu de calme.
Toute la maison fut en rumeur joyeuse le jour où l'on attendait l'arrivée du jeune maître.