[205] A bas tous les jeux, par J. C. Mortier, homme de loi, à Paris, chez Pelleté, imprimeur, rue Française, no 13, division du Bon Conseil et chez tous les marchands de nouveautés, p. 37.

[206] Ibid.

Silencieuses ces bouches tordues par la fièvre du jeu, crispées par la fureur du gain ou le désespoir des pertes, silencieux ces joueurs penchés sur le mouvement de la roulette infernale, silencieux ces lutteurs de la mauvaise chance dardant des prunelles enflammées sur les cartes annonçant à la fois le désastre des uns et la fortune des autres. C'est dans ce silence funèbre que Barnave perdit un soir 30 000 livres[207] ; qu'un Anglais fut escroqué de 11 000 louis d'or[208] ; qu'un mourant se gagna par un or inutile de magnifiques funérailles[209].

[207] Journal de la cour et de la ville, mars 1791.

[208] Chronique de Paris, octobre 1791.

[209] E. et J. de Goncourt, vol. cit., chap. 1.

BARNAVE.

Là se calculent les martingales qui échouent comme toutes les martingales, quoique recommandées par des brochures que tous les joueurs achètent[210], là le trente-et-un, déjà dénoncé par Lenoir en 1781[211], ruine à chaque partie la moitié des joueurs acharnés à cette « folie du jour[212] », là s'exaspèrent toutes les fureurs, tous les espoirs, toutes les fièvres.

[210] L'Art de voler méthodiquement dévoilé en faveur des joueurs ou Examen du jeu de la roulette, suivi des dangers imminents de ce jeu ; perte démontrée pour les joueurs, moyens pour gagner à ce jeu invariablement ; se trouve à Paris chez tous les marchands de nouveautés, an IX, in-8o, 12 pp.