Je n’ai pas à insister ; mais j’ai trouvé curieux, instructif, édifiant et à la fois plaisant d’extraire d’une feuille anglaise dont la vente est considérable cette opinion de journalistes anglais sur la moralité et les vertus si hautement prônées de la fine fleur de la jeunesse britannique.
Il n’est pas, je le pense, de meilleure réponse aux accusations incessantes d’immoralité, d’impudeur et de dévergondage dont nous accablent nos chastes voisins. Romans français, théâtre français, mœurs et coutumes françaises, tout est indécent, objectionnable, shocking ! On n’ose en parler que comme de choses déshonnêtes et malpropres, nez bouché et paupières basses. Un journal satirique illustré, le Fun, représentait l’autre jour le vertueux John Bull repoussant notre littérature avec des pincettes. Le dessin eut un succès fou.
Tout cela est très risible, en effet. C’est la parabole de la poutre et de la paille dans l’œil, que Jésus raconta, voici bientôt deux mille ans, aux pharisiens de la Judée, ancêtres de ceux de la Grande-Bretagne.
VIII
LA LIVRÉE CONQUÉRANTE
L’espérance et la consolation naissent des affections sociales.
(Lord Beaconsfield, Vivian Grey.)
Dernièrement un révérend clergyman visitant une école publique, questionnait une fillette de six à sept ans, dont la physionomie intéressante l’avait frappé.
— Quel est votre nom, petite fille ?
— Mary Jane.
— Et quel est le nom de votre mère ?
— Maman, c’est mistress Cole.