— Par elle-même. Trois fois par semaine elle adressait au perfide un appel désespéré.
Cher W. — Chéri, je meurs sans vous. Trois fois par semaine je vous écris, et pas un signe de pitié ! Répondez, oui ou non, si je dois mourir.
— Et il a répondu non.
— Avant-hier seulement. Voici :
S. T. — Est toujours la bien-aimée de mon cœur. Elle n’est et ne sera jamais oubliée. W. passera demain devant la maison. Trois heures précises. Réponse par voie ordinaire.
— Enfin, conclut-elle avec un soupir, l’ingrat est revenu. Il peut se vanter d’être aimé !
J’ai imité la douce Connie, et bientôt je me suis pris, non à verser comme elle, des larmes sympathiques sur des lettres majuscules, mais à m’intéresser aux appels et aux correspondances de la colonne d’angoisse ; car j’en ai trouvé grand nombre qui offraient, aussi clairement que les toiles de William Hogarth, des drames ou des comédies en quatre ou en huit tableaux.
Je commence par un drame qui, bien que composé de sept, n’en est pas moins complet. Une ceinture de vierge dénouée en avril et renouée en décembre sous forme de linceul.
H. chéri. — C’est la quatrième fois que j’écris. (Je sais que chaque matin vous lisez ce journal), la quatrième fois que je dis « je t’attends », et vous ne répondez pas.
H. chéri. — Je ne me lasserai pas de te dire « je t’aime ». Je continuerai à braver tout. Je serai fière quand viendra le gage de notre amour. Ce qui fait la honte des autres sera mon orgueil.