[5] Philip. G. Hamerton (Round my house.)

L’écrivain anglais, dont je viens de traduire ces lignes, cite avec stupéfaction un conseiller général, officier de la Légion d’honneur qu’il a connu en France, et qui jouissait d’une grande considération et d’une grande influence dans son département. « Imaginez-vous, s’écrie-t-il, qu’il n’avait qu’un jardinier, un domestique et une unique servante !!! En Angleterre, un tel homme ne pourrait aspirer à aucune position politique : il serait méprisé dans sa propre paroisse. Il ne serait personne. »

Passons à l’étalage de morale.

Une après-midi, dans une des ruelles de Drury Lane, une belle grosse Irlandaise, ivre de colère et de gin, troussée jusqu’aux hanches, montrait son derrière, en signe de mépris, à une Anglaise laide et maigre, à la grande joie de la foule généralement peu choisie de ce quartier de Saint-Patrick.

Un clergyman de la haute Église, aussi raide et gourmé qu’un clergyman puisse l’être, passait juste à temps pour être témoin du spectacle. Il détourna pudiquement la tête, mais pas assez vite au gré d’une jeune dame qui marchait à côté de lui.

— Aoh ! Shocking ! Disgusting ! fit-elle. Vous avez vu, Harry ? J’en suis suffoquée.

— Je n’ai rien vu… qu’une femme ivre, chose commune dans cette paroisse de papistes.

— Oh ! Harry, la partie objectionnable de son corps était sans costume.

— Voudriez-vous dire qu’il n’était pas même couvert du vêtement de nuit ?

— Oui, Harry. Imaginez-vous cela ? Est-ce possible ?