XXII
l rejoignit les goums, et dans les heures rouges où le sabre boit le sang, où l'œil rencontre l'œil, il se conduisit de telle sorte que les vieux guerriers lui dirent après la bataille:
«C'est bien.»
Il augmenta le renom de sa tribu. On disait: «Celui-là est des Ouled-Sidi-Abid!» et le vieux cheik Ahmed tressaillit d'orgueil, car un jour il entendit ces paroles: «Voici le père de Mansour le Brave.»
Mais il ne le revit plus; et Meryem non plus ne devait le revoir. Elle cherchait à oublier, mais longtemps elle attendit. Bien souvent elle interrogea la plaine du côté où le soleil se lève et du côté où il se couche, au Midi et au Nord, se demandant: «D'où donc et quand viendra-t-il?» Et lorsqu'à l'extrémité de l'horizon elle voyait poindre un groupe de cavaliers ou se lever un petit nuage de poussière, tout son être tressaillait et elle disait: «C'est lui!»
—C'est lui! répétait le cheik, qui fouillait aussi la plaine, et une larme de joie perlait au bord de sa paupière ridée.