— Bonjour, homme ! »

Il s’avance. Nous lui tendons nos gourdes. Il boit une bonne gorgée à la régalade et, pour nous rendre la politesse, nous offre des cigarettes.

« Vous venez de Grenade ? Avez-vous rencontré des gardes civiques ? »

Il n’avait pas achevé que deux bicornes, enveloppés de coiffes blanches, surgissent à deux cents pas sur la route.

« Si fort intrépide que l’on soit en présence de toutes choses, disait plaisamment Dumas, on éprouve toujours en celle des gendarmes une vive satisfaction lorsqu’on est assuré qu’on n’aura rien à démêler avec eux. » C’était notre cas, bien qu’à l’étranger on ne soit jamais certain de ce qui peut survenir ; mais ce n’était pas celui de notre homme, car il battit prestement en retraite, en nous disant vivement :

« Silence, camarades. »

Et, le corps courbé, le fusil bas, suivant les sinuosités du ravin, il disparut dans les rochers.

Les gendarmes arrivaient paisiblement sur nous, la carabine à l’épaule. Ils nous hélèrent.

Nous pensions qu’ils allaient nous demander nos passeports.

« Avez-vous des cigarettes ? »