Naturellement rien à manger. « Pas même des œufs ?
— Vous ne manquerez pas d’en trouver dans la ville, » dit la matrone.
Elle pousse l’obligeance extrême jusqu’à nous montrer du pas de la porte une boutique de cordonnier où l’on nous en vendrait sûrement.
Une petite fille qui se grattait alternativement la tête, le derrière et le nez, est justement sur le seuil. Son papa est absent, mais cela ne fait rien, dit-elle, et elle court tirer une douzaine d’œufs du fond d’une armoire. Douze sous, prix raisonnable. Nous payons et nous partons avec notre emplette, lorsqu’une sorte de vilain rustaud survient et nous demande ce que nous sommes allés faire chez lui.
Nous lui montrons nos œufs. — Nos œufs ! Un instant. « Combien les avez-vous payés ?
— Douze sous.
— La petite s’est trompée ! C’est vingt-quatre qu’il me faut. »
Nous le traitons de voleur et lui rendons sa marchandise.
L’hôtesse de l’auberge du Paradis, à qui nous racontons l’histoire, nous regarde d’un mauvais œil. Évidemment ses sympathies ne sont pas pour nous.
Sur ces entrefaites, un indigène qui vient d’apprendre l’arrivée d’étrangers accourt nous offrir du bouc tout frais à deux réaux la livre (50 centimes).