Nous lui achetons deux livres de bouc que nous remettons à l’hôtesse, puis allons visiter les curiosités de l’endroit.

Sept heures.

Les chorizos sont depuis longtemps digérés, et cette promenade supplémentaire a augmenté notre appétit. Le dîner doit être prêt, le bouc a eu le temps voulu pour rôtir.

Nous entrons dans la chambre commune, salle à manger, cuisine, étable, chenil, dortoir, et la première chose qui frappe nos yeux, c’est notre bouc tout cru proprement mis dans une assiette et entouré d’une belle guirlande de mouches.

« Eh bien, et le dîner ?

— Le dîner ? répète avec calme l’hôtesse.

— Oui, cette viande ? pourquoi supposez-vous que nous l’ayons achetée ? Pour donner à souper à vos mouches ?

— Vous ne m’avez rien dit, réplique-t-elle. Je ne savais pas à quelle heure vous rentreriez. »

Nous fîmes comme le conducteur du coche, nous déchargeâmes à son adresse toute la provision de jurons, de sacres et d’injures que nous avions recueillis çà et là, l’un et l’autre, dans nos diverses pérégrinations à travers les milieux les plus variés, et le mari présent en eut sa large part.

Bien que ce soulagement se fit dans la langue maternelle, ils comprirent que nous ne les comblions ni d’éloges ni de protestations d’amitié ; aussi sur le même ton ils ripostèrent.