— Je vous relève de votre serment, ma fille, » répliqua promptement l’abbesse.
On entendit un craquement de couchette et quelque remue-ménage dans la cellule, mais la porte ne s’ouvrait pas. Sa Majesté s’impatientait.
« Ouvrez, doña Coronel ; je vous l’ordonne, fit-elle impérieusement.
— Je m’habille, seigneur. »
C’était bien inutile, pensait don Pedro, et aussi la mère abbesse toute suffoquée de honte et d’indignation qu’on fît attendre ainsi un roi à la porte.
« Sire, dit-elle, pardonnez-moi, pardonnez-lui, elle ne sait ce qu’elle fait. »
Un royal coup d’épaule digne de celui d’un portefaix met fin à tout cet oiseux bavardage ; la cloison cède et voici le roi dans la cellule,
Ardant ses yeux sanglants sur cette jeune proie.
Il la saisit et va lui faire subir « les derniers outrages » sans égard pour la mère abbesse qui tient toujours la chandelle.
Mais la superbe Andalouse arrache le flambeau des mains de la matrone et en promène la flamme sur son visage qui, comme un paquet d’étoupe, prend feu aussitôt. Pendant les pourparlers au trou de la serrure elle se l’était oint de l’huile de sa lampe.