Si enflammé que l’on soit, on ne peut pas embrasser une maîtresse qui flambe, aussi, quand il eut éteint le feu, le roi absolument refroidi offrit avec ses excuses toutes sortes de compensations.

« Demandez ce que vous voudrez, lui dit-il, et votre volonté sera faite.

— La maison des Coronel a été rasée, répondit-elle ; qu’à la place qu’elle occupait s’élève un couvent où je finirai mes jours en pleurant sur mes péchés et les vôtres. »

Don Pedro pensa peut-être qu’elle eût mieux fait de demander autre chose, car de couvents, ça faisait le cinquante et unième, mais ce n’était pas le moment de discuter des goûts d’une sainte qui venait de se brûler le visage par vertu.

Le couvent fut bâti, la nouvelle Lucrèce nommée abbesse, et depuis cinq siècles le visage ravagé de la fondatrice est exposé tous les ans, afin, je le suppose, d’en ôter l’envie à celles qui voudraient l’imiter.

Puisque nous parlons de ce terrible paillard don Pedro, entrons à l’Alcazar, seulement pour contempler les Bains des Sultanes devenus ceux d’une autre sainte, mais, celle-ci, du calendrier de Vénus, la belle Maria de Padilla.

Il nous faut traverser le patio de las Donzellas appelé ainsi parce que les rois maures y recevaient annuellement un tribut de cent pucelles. Heureux rois maures ! Je paye à leur mémoire mon tribut d’admiration. Les bains sont tout près. Je suppose qu’on y conduisait d’abord les cent donzelles qui devaient en sentir le besoin après un voyage sous ce ciel caniculaire et des moyens de locomotion primitifs.

Descendons avec le délicieux essaim ; car il faut descendre au sous-sol par un escalier de marbre. Sous des voûtes un peu trop obscures se trouvent les bassins.

La lumière pâle et diffuse

Baigne d’un charme tous les corps.