— Justement ; ce sont les bonnes lames. »

Il fait mine de se fouiller pour chercher le couteau et sort un petit cahier de photogravures obscènes, qu’il nous ouvre discrètement.

« Va porter ça au padre qui passe là-bas.

— Oh ! il les connaît, riposta le rufian sans sourciller, je lui en ai déjà vendu. »

Et plus bas : « Je puis vous procurer des niñas muy baratas (des jeunes filles très bon marché). »

C’est, je crois, une des spécialités de l’Espagne que ce courtage fait par des adolescents. Les niñas, pas n’est besoin de l’ajouter, sont des demoiselles de corps de garde qui ont fait la joie de plusieurs générations de troupiers.

« J’ai une jolie petite sœur…, continua cet industriel d’avenir.

— Va-t’en, ignoble gredin.

— Si vous la voyiez !…

— Prends-la pour toi.