« Quel métier faites-vous ? » me demanda un bohémien que nous rencontrâmes avec ses voitures dans un village perdu des Andes.

Je ne pouvais pas lui dire que nous voyagions pour notre plaisir par cette chaleur torride, il ne nous aurait pas compris ; aussi j’hésitais à répondre.

« Êtes-vous peintres en voitures ? continua-t-il.

— Non.

— Peut-être vous êtes pour les mines ?

— Pas du tout. »

Il réfléchit un instant.

« Je vois, vous venez acheter du vin.

— Nous le buvons sur place.

— Ah ! ah ! c’est bon quand on a de l’argent. Nous autres, nous ne buvons que de l’eau. Vous faites un bon métier alors ?