Rapidement débarrassé de mon veston, de mon gilet, de mes chaussures, de ma ceinture de laine, j’avais placé mon revolver sous mon traversin.

Il ne me restait donc plus que le vêtement que les Anglaises appellent l’inexpressible, mais que, n’étant pas Anglaise, la niña n’avait nulle raison pour ne pas exprimer, et qu’elle exprima d’ailleurs fort bien, voyant mon hésitation, en me demandant avec une sorte d’impatience si je couchais avec mes calzones.

Assez surpris de la question, je lui fis entendre que je n’avais pas l’habitude de retirer mes culottes devant d’aussi jeunes demoiselles, sur quoi elle s’avança vers mon lit et se saisit de la lampe.

Je crus un instant qu’elle allait l’éteindre afin de ménager ma pudeur, mais elle n’avait d’autre but que de l’emporter, ce qu’elle fit rapidement en me souhaitant une bonne nuit.

« Hé ! lui criai-je, où vas-tu ?

— Me coucher, répliqua-t-elle.

— Pourquoi emportes-tu ma lampe ?

— Parce que maman me l’a dit.

— Elle est bien aimable, ta maman, mais j’en ai besoin.

— Pour quoi faire ? demanda-t-elle.