— Je pars pour Ourteau, dit-elle, toi tu vas aller à ton bureau comme à l'ordinaire et en arrivant tu confesseras la vérité au général : dans une heure elle sera connue de toute la ville, mieux vaut encore qu'il apprenne la vérité de ta bouche, si fâcheux que puisse être pour toi cet aveu. Mais, avant que je parte, tu vas me jurer, tes lèvres sur les miennes, que je puis avoir confiance en toi.
Rassurée par ce serment, autant que par l'étreinte toute pleine de reconnaissance, de promesse, et de remords avec laquelle il avait répondu à son adieu, elle partit pour Ourteau, en même temps qu'il se rendait à son bureau.
A peine arrivé, son général le fit appeler ; il avait passé une mauvaise nuit et, pour s'en soulager, il éprouvait le besoin d'avoir quelqu'un à secouer.
— Avez-vous été vous promener ce matin, vous ? dit-il.
— Non, mon général.
— Effectivement vous ne sentez pas le salin.
— J'ai pourtant passé une partie de la nuit dehors, dit Sixte saisissant cette occasion.
— Avec madame Sixte ? Drôle d'idée !
— Non, mon général, tout seul ; et une nuit terrible pour moi.
— Ah ! bah !