—Et mon salut, et l'honneur des Adeline. Est-ce quand on sent la main de la mort suspendue sur sa tête qu'on se damne? Ne la vois-tu pas, cette main? Attends qu'elle m'ait frappée, tu feras après ce que tu voudras, je ne serai plus là; veux-tu empoisonner mes derniers jours?

—Je veux faire le bonheur de Berthe et assurer notre repos à tous: elle aime Michel Debs....

—La malheureuse!

—Le mariage qui se présente est plus beau que dans notre situation nous ne pouvons l'espérer, voilà pourquoi je te demande ton consentement, pourquoi je te prie, je te supplie de ne pas persister dans ton refus qui nous désespérerait tous.

—Constant, je donnerais ma vie pour toi avec joie, je le jure sur ta tête; mais c'est mon salut que tu me demandes; je ne peux pas te le donner; ne me parle donc plus de ce mariage, jamais, tu entends, jamais!

III

—Eh bien? demanda madame Adeline aussitôt que son mari revint dans le bureau où elle était seule avec Berthe.

—Elle résiste.

—Tu vois! s'écrièrent la mère et la fille.

—Aviez-vous donc pensé qu'elle céderait au premier mot?