—Et moi donc! murmura Berthe.
—Le premier pas est fait, dit Adeline comme conclusion, il n'y a qu'à continuer, demain, après-demain; ne pensons qu'à cela, ne nous occupons que de cela; Maman nous aime trop pour ne pas céder; il faudra, ma petite Berthe, lui savoir d'autant plus grand gré de son sacrifice qu'il aura été plus douloureux pour elle.
Mais le lendemain il ne put pas, comme il le voulait, ne s'occuper que du mariage de sa fille.
Il avait donné ordre rue Tronchet qu'on lui envoyât sa correspondance à Elbeuf; quand on la lui remit, il trouva au milieu des lettres et des journaux une grande enveloppe cachetée à la cire et portant la mention: «Personnelle»; son contenu paraissait assez lourd. Ce fut elle qu'il ouvrit tout d'abord, et en tira trois journaux. Il allait les rejeter pour prendre les autres lettres, lorsque ses yeux furent attirés par une annotation à l'encre rouge «Voyez page 3.» Il alla tout de suite à cette page, et un encadrement au crayon rouge lui désigna ce qu'il devait lire:
«On sait que le député Adeline était président d'un des cercles où, depuis quelques mois, se joue la plus grosse partie; il vient de donner sa démission.
«Pourquoi?
«Nous allons tâcher de le découvrir.
«Si nous l'apprenons, nous le dirons à nos lecteurs.
«Si nos lecteurs le savent, qu'ils nous le disent.
«C'est en publiant les scandales qu'on en arrête le renouvellement: nous ne manquerons pas au devoir que notre titre nous impose.»