Ils n'allèrent pas bien loin dans la forêt; comme ils approchaient d'un carrefour où se croisaient plusieurs chemins, ils aperçurent Michel assis sur un tronc d'arbre couché dans l'herbe.
—C'est comme cela que vous vous dépêchez, lui cria Berthe.
—C'est justement parce que je me suis trop dépêché que j'attendais qu'il fût l'heure d'arriver convenablement, répondit Michel en venant vivement au-devant d'eux.
—Si vous aviez su?... dit Berthe.
Michel la regarda surpris; alors Adeline lui prenant la main la mit dans celle de Berthe.
—La Maman donne son consentement, dit-il; dans un mois, vous pouvez être mariés; mais, aujourd'hui même, vous l'êtes pour moi et par moi; embrassez-vous, mes enfants.
Il voulut que Berthe donnât le bras à son mari, et il les fit marcher devant lui en les regardant.
Et à se dire qu'elle serait heureuse, il se sentait plus courageux; pour elle au moins sa tâche était accomplie.
Léonie avait passé sa matinée à cueillir des fleurs et la table en était couverte, mais ces fleurs, pas plus que les sourires de sa fille, la joie de Michel, le bonheur de sa femme ne pouvaient soutenir Adeline, qui à chaque instant restait immobile à regarder les minutes fuir sur le cadran de la pendule; alors la Maman se disait:
—Le bonheur même de sa fille ne peut pas l'arracher à la pensée de sa maladie.