Cette fois le préfet ne laissa échapper aucune exclamation de surprise, mais il regarda Adeline en homme qui se demande si on se moque de lui.

Adeline n'était-il pas le bon provincial qu'il avait cru jusqu'à ce jour? était-il au contraire un roublard qui s'enveloppait de bonhomie? ou bien encore était-il plus profondément provincial qu'on ne pouvait décemment l'imaginer pour un collègue?

Il fallait voir.

—Et quel est ce gérant?

—Un ancien notaire de province.

—Il se nomme?

—Maurin.

C'était là un nom qui n'apprenait rien au préfet, il y a tant de gens qui s'appellent Morin ou Maurin?

—J'ai eu les meilleurs renseignements sur lui, dit Adeline, allant au-devant d'une nouvelle question.

—Je n'en doute pas; sans quoi vous ne l'auriez pas accepté, car ce n'est pas à un homme comme vous qu'il est utile de faire remarquer qu'un gérant... un mauvais gérant, peut entraîner loin et même très loin le président et les administrateurs d'un cercle; vous savez cela comme moi.