Lorsqu'on me vit arriver seul, l'émotion redoubla: les affiches, portant l'épouvantable proclamation de Saint-Arnaud, avaient été apposées dans le faubourg, et l'on ne parlait que de fusillade.
—La vérité, s'écria madame de Planfoy lorsque j'entrai, la vérité: je meurs d'angoisse!
—J'ai l'ordre de le faire mettre en liberté.
—Où est-il, l'avez-vous vu?
Je fus obligé de dire la vérité.
—On ne sait pas où il est, dit-elle avec un sanglot, en retombant de l'espérance dans l'inquiétude; mais qui vous assure qu'il est encore en vie?
Je lui dis tout ce que je pus trouver pour la rassurer; mais quelle puissance peuvent avoir nos paroles lorsque c'est l'esprit qui les arrange et non la foi qui les inspire?
—Vous avez cet ordre? dit-elle, lorsque je fus arrivé au bout de mon récit.
—C'est un ordre de libération qui n'admet pas le refus ou la résistance.
Puis, comme je voulais changer l'entretien: