—Vous avez souci de la fortune maintenant.

—J'ai souci de vous et de Valentine.

—Il me semble que nous n'avons pas besoin que vous nous gagniez une fortune, et si votre voyage au Mexique n'a pas un autre but, vous pouvez ne pas l'entreprendre.

—Faut-il être franc et ne m'en voudrez-vous pas si je vous dis toutes les pensées qui ont traversé mon esprit inquiet?

—Je vous en veux, ayant eu ces idées, de me les avoir cachées.

—Eh bien, j'ai cru que si vous n'aviez point encore réalisé le rêve que nous caressions tous deux autrefois, en un mot, que si vous n'aviez pas encore décidé notre mariage, c'est que vous aviez été, c'est que vous étiez arrêtée par des raisons de convenance qui résultent de ma position.

—De la nôtre, cela est vrai, mais non pas exclusivement de la vôtre.

—Enfin j'ai cru que si au lieu d'être ce que je suis, j'étais général ou bien si j'avais une certaine situation financière, ces raisons perdraient singulièrement de leur force.

—A quels mobiles supposez-vous donc que j'obéisse en différant notre mariage?

—A la peur de certaines interprétations. Pour vous mettre à l'abri des interprétations et pouvoir dès lors faire valoir hardiment mes droits, j'ai voulu obtenir cette situation, et je suis allé demander à Poirier les moyens d'être admis avec mon grade dans l'armée américaine. Au lieu de m'aider à prendre du service aux États Unis, Poirier m'a proposé de m'associer à une grande entreprise pour une exploitation des mines au Mexique; cette entreprise doit faire la fortune de ceux qui la dirigeront.