Elle l'aimait assez pour avoir pleine confiance en lui, elle lui dirait tout; il l'éclairerait, et d'une main douce il la soutiendrait.

Mais alors qu'il s'était arrêté à ces idées, il n'avait pas cru que leur réalisation dût se produire de sitôt.

Si Bérengère aimait, ce serait plus tard, beaucoup plus tard.

Elle n'était qu'une enfant.

Cela était vrai alors.

Mais l'enfant avait grandi.

Seulement, ainsi qu'il arrive bien souvent, il ne l'avait pas vue grandir, et pour lui elle était toujours, elle n'était qu'une enfant.

Quand il avait admis la possibilité de cet amour, il avait imaginé que Bérengère toucherait alors à un âge qui lui permettrait de se marier sans le consentement de sa mère, c'est-à-dire qu'elle aurait de par la loi le droit de faire violence à ce consentement qu'on lui refuserait, au moyen de cet expédient qu'on appelle les actes respectueux.

Mais ce n'était pas ainsi que les choses se présentaient, si réellement elle aimait Richard de Gardilane.

Elle était loin, très-loin de sa majorité.