—Jamais le code n'a permis une émancipation de ce genre.

M. de la Roche-Odon regarda le notaire d'un air stupéfait.

—Jamais, monsieur le comte, jamais.

—Mais je vous affirme que moi-même, j'ai fait émanciper un de mes parents en proposant cette émancipation au conseil de famille, et le jeune homme avait dix-huit ans, j'en suis certain.

—Il ne s'agit pas de l'âge; votre parent, n'est-ce pas, n'avait ni père ni mère?

—Sans doute.

—Est-ce là le cas de mademoiselle de la Roche-Odon?

—Elle n'a plus de père.

—Mais elle a une mère, qui exerce la puissance paternelle et qui l'exerce seule; elle peut, cette mère, provoquer l'émancipation de sa fille lorsque celle-ci a atteint non pas l'âge de dix-huit ans, mais simplement de quinze ans révolus; mais personne autre qu'elle ne peut exercer ce droit; ne me parlez donc pas d'une émancipation demandée par vous et prononcée par une délibération du conseil de famille, ni vous ni le conseil n'avez qualité pour cela.

M. de la Roche-Odon resta atterré; puis après un moment d'accablement il se révolta.