—J'allais partir pour déposer la plainte, dit celle-ci, qui, ayant vu madame de la Roche-Odon arriver, s'était dépêchée de mettre son chapeau et de revêtir son manteau.
Sans rien dire, madame de la Roche-Odon tendit le consentement et les 27,500 francs en billets de banque.
Madame Prétavoine prit le consentement, mais elle repoussa les billets:
—Non, dit-elle, telles ne sont pas nos conventions, j'ai parlé d'une reconnaissance, et c'est une reconnaissance que je vous prie de m'écrire, car si ce mariage se fait, comme je l'espère, elle sera déchirée.
Madame de la Roche-Odon se mit au bureau que lui montra madame Prétavoine et écrivit cette reconnaissance sous la dictée de celle-ci.
Cela fait, elle se leva et tendit la main à madame Prétavoine pour recevoir en échange le terrible chèque.
Mais celle-ci ne donna pas le chèque qui lui était ainsi demandé.
—Ce chèque est ma garantie que vous ne reviendrez pas sur ce consentement.
—Et moi, madame, où est ma garantie que vous ne déposerez pas cette plainte?
—Dans mon intérêt. Comment voulez-vous que j'accuse de faux le beau-frère de mon fils, le frère de ma bru; le jour du mariage, ce chèque vous sera remis; il n'irait aux mains de la justice que si, par votre fait, ce mariage venait à manquer. Mais cela ne sera pas, j'en suis certaine; votre présence ici est la preuve que vous avez compris qu'il doit avoir lieu. Dans quelques jours j'irai vous rendre votre visite avec mon fils, qui, bien entendu, ignorera toujours comment votre consentement a été obtenu; et aura pour vous les sentiments de gratitude, de tendresse et de respect qu'un fils doit à une mère qui a assuré son bonheur.