—Quel bonheur! dit-elle, le visage radieux, je ne vous attendais pas de sitôt; quelle bonne surprise!
Il se raidit pour ne pas se trahir:
—C'est une mauvais nouvelle que je vous apporte je suis obligé de partir pour Paris par le train de trois heures.
—Partir!
Elle le regarda en tremblant: instantanément son beau visage s'était décoloré.
—Et pourquoi partir? demanda-t-elle d'une voix rauque.
—Pour une chose très grave... mais rassurez-vous, chère mignonne, et dites-vous que je n'ai jamais mieux senti combien profondément, combien passionnément je vous aime qu'en ce moment où je suis obligé de m'éloigner de vous... pour quelques jours seulement, je l'espère.
Tendrement elle lui tendit la main et le regardant avec des yeux doux et passionnés:
—Alors partez, dit-elle, mais revenez vite, n'est-ce pas, très vite? Si courte que soit votre absence, elle sera éternelle pour moi.
A ce moment madame de Barizel ouvrit la porte et entra dans le salon; vivement Corysandre courut au-devant d'elle: