—Et tu t'imagines qu'il n'y a pas d'ennuis à supporter pour devenir princesse, quand on est... ce que nous sommes; tu t'imagines qu'il n'y a pas de peine à prendre, pas de fatigues à s'imposer, pas de dégoûts à avaler en souriant; tu t'imagines que tu n'as qu'à te montrer dans la gloire de ta beauté; eh bien! si belle que tu sois, tu n'arriverais jamais à un grand mariage si je n'étais pas près de toi. Tu peux le préparer par ta beauté, cela est vrai; mais le poursuivre, le faire réussir, pour cela ta beauté ne suffit pas, il faut... ce que tu n'as pas et ce que j'ai, moi.

—Et cependant ni la beauté, ni... ce que tu as n'ont encore décidé Savine.

—Il se décidera ou plutôt on le décidera.

—Qui donc?

—Le duc de Naurouse qui te fera princesse.

—J'aimerais mieux qu'il me fit duchesse.

—Ne dis pas de niaiseries; explique-moi plutôt pourquoi j'ai eu peur que tu n'aies froid dans le château d'Eberstein, qui n'est pas glacial?

—Je te le demande.

—Explique-moi plutôt pourquoi j'ai eu l'idée de te faire faire une promenade en bateau?

—Pour rester seule avec le prince.