En revenant à Paris, le colonel s'était dit que la première visite qu'il ferait, serait pour son oncle et sa petite cousine.
Ils étaient sa famille, toute sa famille; il leur annonçait son mariage et les invitait à y assister.
Mais les paroles de madame de Lucillière modifièrent ce projet.
S'il était vrai que Thérèse l'aimât, est-ce que ce ne serait pas cruauté d'aller annoncer à cette pauvre petite un mariage qui la désolerait?
Sans doute elle connaîtrait ce mariage, car il était impossible de le lui cacher; mais ce n'est pas du tout la même chose d'apprendre une pareille nouvelle par hasard, ou directement de la bouche même de celui qui se marie.
Décidément il valait mieux ne pas aller les voir; il écrirait.
Et, le coup porté par une lettre,—s'il était vrai que son mariage dût porter un coup à Thérèse,—il irait faire sa visite.
Un matin, qu'il réfléchissait à cette lettre,—car il ne l'oubliait pas, et comme toutes les lettres retardées qu'on doit écrire et qu'on n'écrit pas, celle-là s'imposait souvent à son esprit pour le relancer et le tourmenter,—un domestique vint lui annoncer que M. Antoine Chamberlain demandait à le voir.
Il descendit vivement au premier étage et courut à son oncle, les mains tendues.
—Heureux de vous voir, mon cher oncle, dit le colonel.