—Quelles raisons, cher papa?

—Nous parlerons de cela plus tard, le moment n'est pas venu. Sache seulement que si le colonel n'avait pas pensé à toi, il n'aurait pas rompu avec Carmelita.

—Ah! papa!

—J'ai vécu en ces derniers temps, assez intimement avec le colonel pour connaître l'état de son coeur; ne doute pas de ce que je dis et réponds-moi franchement.

—La réponse d'aujourd'hui sera celle que je t'ai déjà faite deux fois; je n'ai pas changé.

Le baron prit sa fille dans ses bras et l'embrassa tendrement.

Puis, ayant essuyé ses yeux mouillés de larmes, il la quitta; car il n'avait pas le loisir, hélas! de se donner tout entier aux douces joies de la tendresse paternelle.

Il lui fallait voir le colonel.

A ses questions, le concierge répondit que le colonel venait de rentrer.

Alors, sans en demander davantage et sans parler à aucun domestique, le baron, en habitué, en ami de la maison, se dirigea vers l'appartement du colonel et, après avoir frappé deux petits coups, il entra dans la bibliothèque.