Il diminua encore sa demande et la fit descendre à vingt-cinq mille; on lui offrit cinquante louis; tout ce qu'on avait; et encore était-ce une grande preuve d'amitié qu'on lui donnait là.

Pendant toute la journée, il se fatigua à battre les quatre coins de Paris, enfiévré, désespéré, se disant après chaque refus qu'il était fou de s'obstiner, et s'obstinant quand même, persévérant malgré tout.

Ne trouverait-il donc pas un coeur généreux qui le comprît?

A six heures du soir il prit le chemin de fer pour aller à Montmorency faire une dernière tentative, et il revint à huit heures, ayant échoué à Montmorency comme il avait échoué à Paris.

Il fallait rentrer à Nogent où elle l'attendait, d'autant plus tourmentée par l'angoisse qu'elle ne le voyait pas revenir.

Que lui dire?

Et cependant il fallait qu'il dît quelque chose, qu'il expliquât ce qu'il avait tenté et comment il n'avait pas réussi. Après les humiliations de la journée, celle-là serait encore la plus cruelle. Il n'avait rien pu, il ne pouvait rien pour elle; quelle honte et quelle douleur!

Ordinairement le soir la famille était réunie dans le salon ou bien sur la terrasse qui dominait le jardin, et c'était là qu'il espérait trouver madame Fourcy; mais personne n'était sur la terrasse et le salon était sombre.

Que se passait-il donc? Un frisson le secoua de la tête aux pieds, car il était dans un état nerveux où le corps aussi bien que l'esprit se laisse effarer sans résistance.

Une femme de chambre lui donna d'elle-même l'explication qu'il n'osait demander: M. Fourcy, toujours Souffrant, gardait la chambre, et madame Fourcy, ainsi que Lucien et Marcelle, étaient installés près de lui.