Il fallait qu'il entrât quelque part pour tâcher de se reconnaître, pour se reprendre s'il le pouvait; que n'avait-il été écrasé par cette voiture; ce serait fini; quel soulagement!
Il pensa instinctivement à son bureau; il s'y enfermerait; après la première explosion il retrouverait peut-être un peu de raison pour réfléchir et voir ce qu'il devait faire.
Car il devait faire quelque chose.
Quoi?
Au moment où il traversait son entrée, son garçon de bureau l'arrêta pour lui dire que le commissaire de police l'attendait depuis quelques instants déjà et qu'il était avec M. Charlemont, dans le cabinet de celui-ci.
Le commissaire de police maintenant! Que voulait-il? que venait-il lui apprendre?
Son premier mouvement fut de s'enfuir, car il ne pourrait jamais répondre à ce qu'on allait lui dire; et bouleversé, affolé comme il était, il ne pouvait pas paraître devant M. Charlemont… le père de Robert.
Mais déjà le garçon de bureau lui avait ouvert la porte pour l'introduire dans le cabinet de M. Charlemont,—il entra.
Suivant son habitude, M. Charlemont, qui se trouvait ce jour-là en retard, était venu pour voir Fourcy à la maison de banque, de belle humeur comme à son ordinaire, et bien loin de ce qui se passait à ce moment même. Ne trouvant point Fourcy, il avait voulu se retirer au plus vite, heureux comme un écolier qui ne rencontre point son professeur et qui a la chance d'échapper à une corvée, lorsque le commissaire aux délégations était survenu.
—C'est Fourcy que vous venez voir? avait demandé M. Charlemont.