—Oui, monsieur.
—Il n'est pas ici; et je ne sais quand il rentrera.
Le commissaire de police avait hésité un moment; puis il s'était décidé à demander à M. Charlemont quelques instants d'entretien, que celui-ci ne lui avait accordés que d'assez mauvaise grâce; tout ce qui se rapportait à ce vol l'ennuyait et jusqu'à un certain point l'inquiétait; s'il en avait eu le moyen, depuis longtemps il aurait fait abandonner les recherches de la justice.
—Monsieur, je vous écoute, avait-il dit au commissaire en s'asseyant et en prenant la pose ennuyée avec laquelle il écoutait les importuns.
—Tout d'abord, j'ai regretté de n'avoir pas trouvé M. Fourcy, avait dit le commissaire, mais il vaut mieux qu'il en soit ainsi, et c'est vraiment un heureux hasard qui me fait vous rencontrer; le coup qui va frapper ce pauvre M. Fourcy sera peut-être moins rude, lui venant de vous pour qui il a une si profonde amitié, que de moi.
—Quel coup?
Alors le commissaire avait raconté ce qui s'était passé le matin à
Nogent.
—Vous avez soupçonné Fourcy, le plus honnête homme du monde, un modèle de probité, de délicatesse, d'honneur! s'était écrié M. Charlemont, se levant indigné.
—Ce n'était pas nous qui l'accusions, c'étaient les circonstances.
Et il avait expliqué comment la disproportion existant entre les ressources de Fourcy et le milieu luxueux dans lequel il vivait, avait éveillé les soupçons de certaines personnes et donné naissance à des bruits que la justice avait dû éclaircir.