Elle m’adressa un sourire joyeux, tout différent du sourire aimable avec lequel elle m’avait accueilli un peu plus tôt. « Mon petit Sam, je crois que vous aimez bien que les femmes se montrent un peu garces avec vous. Je vous préviens que j’en suis très capable. Il y a aussi cette fameuse gifle qui vous tracasse, hein ? continua-t-elle. Si ce n’est que cela, je peux vous la rendre. »

Elle allongea la main et me tapota doucement la joue. « Là ; c’est fait. Maintenant n’y pensez plus ! »

Elle changea tout à coup d’expression, et me lança une gifle à toute volée. Je crus que ma tête se dévissait. « Ça, dit-elle d’une voix rageuse, c’est pour celle que j’ai reçue de votre petite amie. »

Mes oreilles bourdonnaient et je n’avais plus les yeux en face des trous. J’avais l’impression qu’elle s’était servie d’un coup-de-poing américain. Elle me regardait d’un air de défi, tempéré de prudence, mais ses narines dilatées ne pouvaient exprimer que de la colère. Je levai la main et vis le visage de Mary se crisper, mais je voulais seulement tâter ma joue douloureuse.

« Doris n’est pas ma petite amie », dis-je piteusement.

Nos regards se croisèrent et nous éclatâmes de rire en même temps. Elle me posa les mains sur les épaules et laissa tomber sa tête contre ma poitrine. Elle riait toujours. « Mon pauvre Sam, parvint-elle à dire, je suis désolée ! Je n’aurais pas dû faire ça… pas à vous… Et en tout cas je n’aurais pas dû taper si fort !

— Désolée ? grognai-je. Ça me fait une belle jambe ! Vous auriez au moins pu ouvrir la main. Vous avez failli m’enlever la peau…

— Pauvre Sam ! »

Elle me toucha la joue, ce qui me fit très mal.

« C’est vrai qu’elle n’est pas votre petite amie ?