Il hésita un instant. « Si vous voulez, dit-il enfin, Madame Nivens, voulez-vous nous attendre dans mon bureau ? À moins que vous ne préfériez que je vous envoie chercher un peu plus tard ?…»
C’était sans doute l’esprit de contradiction qui me faisait agir, mais cela m’avait remonté de résister au Patron. « La première chose à faire serait peut-être de lui demander si elle veut s’en aller », remarquai-je.
Steelton parut surpris. « Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous proposez là. Ces enregistrements seraient très pénibles à votre femme sur le plan émotif – peut-être même dangereux.
— C’est une thérapeutique bien contestable, jeune homme, intervint Hazelhurst.
— Il ne s’agit pas de thérapeutique et vous le savez très bien, répliquai-je. Si vous aviez eu des intentions thérapeutiques, vous auriez employé des procédés de rappel eidétiques et non des soporifiques. »
Steelton parut gêné. « Nous n’en avions pas le temps, dit-il. Il a fallu recourir à des méthodes grossières, pour obtenir des résultats rapides. Je ne suis pas certain que j’aie le droit d’autoriser le sujet à voir ces enregistrements.
— Je suis tout à fait de votre avis », ajouta Hazelhurst.
Je fis brusquement explosion. « Vous, on ne vous a pas demandé votre avis et vous n’avez rien à dire, nom de Dieu. Ces enregistrements ont bien été extorqués au cerveau de ma femme ? C’est à elle qu’ils appartiennent. J’en ai assez de vous voir tous jouer aux dictateurs. C’est un genre qui me déplaît chez les larves et qui ne me plaît pas plus chez les hommes. Ce sera elle qui décidera. Demandez-lui ce qu’elle veut.
— Madame Nivens, dit Steelton, souhaitez-vous voir ces enregistrements ?
— Oh ! oui, docteur, très vivement », répondit Mary.