— Ma foi, nous savons comment la préparer. Il faudra bien nous y mettre, du reste, si ce projet fantastique se matérialise. Nous aurons besoin de millions de doses…

— Merci de m’avoir prévenu », dis-je.

J’allais entrer chez moi quand il m’arrêta.

« Euh… monsieur Nivens… il y a aussi la question des porteurs.

— Des porteurs ?

— Des porteurs de germes. Nous ne pouvons pas nous servir de rats ou de souris. Savez-vous comment la fièvre se transmet sur Vénus ? Par un petit rotifère volant, l’équivalent vénusien d’un insecte. Mais nous n’en avons pas sur la Terre et c’est absolument le seul moyen de la propager.

— Est-ce à dire que vous ne pourriez pas me communiquer cette maladie, même si vous le vouliez ?

— Oh ! si. Je pourrais vous l’inoculer par piqûre. Mais je ne vois pas bien un million de parachutistes lâchés en zone rouge et demandant aux populations asservies par les parasites de ne pas bouger, pendant qu’ils leur feraient la piqûre ! »

Il écarta les mains dans un geste d’impuissance.

Un mécanisme mystérieux se mit lentement en marche dans mon cerveau. Un million de parachutistes en un seul lâcher…