—Mais sur ce point, il n'y a plus rien à dire. Parlez, cependant.
Quelque nouvel enfantillage?
—Jugez-en, mon père. Depuis quatre jours j'ai la tête en feu; depuis quatre jours j'ai la fièvre, mes nerfs sont tendus à se rompre, parce que je m'effraye à l'idée de vous déplaire et de vous faire du chagrin; car, je le reconnais, vous êtes bon pour moi, vous m'aimez, et dans tout ce que vous faites vous n'avez en vue que mon bien-être, tel que vous le comprenez, du moins.
—Ah çà! qu'est-ce que tout cela signifie? Vous n'allez pas pleurer, n'est-ce pas?
—Non, mon père, mais je m'efforce de vous faire comprendre que je vous suis reconnaissant et que je vous respecte…
—Je le sais bien, mon garçon. Laissez là ces détours, et allez droit au but. Que désirez-vous? De l'argent?
—Non; je veux vous faire part d'une résolution, d'une immuable résolution que j'ai prise.
—Immuable! Nous verrons bien. J'écoute.
Le jeune homme hésita et parut rassembler ses forces. Il dit enfin d'un ton décidé:
—Mon père, je n'épouse pas mademoiselle d'Overburg.
—Ne l'avais-je pas deviné? s'écria l'entrepreneur. Vous voilà encore une fois! De pareilles hésitations sont peut-être naturelles; mais elles ne sont certainement pas sérieuses. Quand il en sera temps, vous vous estimerez heureux de pouvoir donner le nom d'épouse à la noble demoiselle Clémence.