—Croyez là-dessus ce qu'il vous plaira, mon père, mais je vous déclare que jamais, non jamais, je n'accepterai la main de Clémence d'Overburg.

M. Steenvliet éclata de rire.

—Ah! ah! vous tournez comme une girouette! dit-il en ricanant; aujourd'hui par-ci, demain par-là. Allez encore vous promener un peu, Herman, et venez me dire ce soir quelles sont vos intentions. Vous aurez encore une fois changé d'avis.

Le jeune homme frémissait d'impatience, mais il se contint, et répondit avec un calme apparent:

—Vous êtes un homme énergique, mon père; tout le monde vante la fermeté de votre volonté. Moi, au contraire, j'ai été jusqu'à présent un être faible et hésitant, parce que l'on a contrarié tous les penchants de ma nature primitive. Mais votre sang coule dans mes veines. Ne vous étonnez donc pas, mon père, qu'après quatre jours de réflexions et de souffrances, je sois arrivé à prendre une résolution si ferme et si irrévocable que rien au monde ne pourrait la changer…

—Pas même la volonté de votre père?

—Non.

—Ni mes prières?

—Je vous demande bien humblement pardon, mon père, mais mon parti est pris. Je n'épouserai pas Clémence d'Overburg.

Cependant M. Steenvliet se refusait à croire que son fils parlait sérieusement, quoique le ton grave du jeune homme, son air décidé, et la résolution de son regard ne fussent point sans inquiéter l'entrepreneur.