—Ne nous méprisez pas, Monsieur, telle est la seule récompense à laquelle nous tenons.
—Vous mépriser, Caroline! exclama l'entrepreneur. Oh! pourquoi Dieu ne vous a-t-il pas donné un grand nom, ou seulement une belle position dans le monde… Mais ayez bon espoir, Caroline: Dieu est juste, vous serez heureuse, car vous le méritez… Je dois vous quitter, mon enfant. Donnez-moi la main; je la serre avec estime et avec une sympathie véritable. Saluez vos parents de ma part… Vous me promettez donc, si mon fils revient ici, de lui persuader qu'il doit accepter la main de mademoiselle d'Overburg?
—Oui, Monsieur.
—Et que vous ne cesserez pas, jusqu'à ce que sa résistance soit entièrement vaincue?
—Jusqu'à ce que je sois certaine de son consentement sincère.
—C'est parfait comme cela, Caroline. Je ne suis pas un ingrat; nous nous reverrons encore; portez-vous bien.
La jeune fille le salua et le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il eût disparu derrière la haie. Alors elle revint à pas lents dans la maison, et demeura un instant immobile, les yeux cloués au sol.
Tout à coup, un étrange sourire illumina son visage, et elle s'écria:
—Il m'aimerait, lui?
Mais cette parole lui paraissait un péché; sa joie s'évanouit comme par enchantement. Elle s'agenouilla, et soupira en levant les yeux vers le ciel: