—Je l'aimerai.
—Quoi! l'amour doit encore venir?
—Non, non, je l'aime maintenant, depuis longtemps, balbutia la jeune fille.
—C'est donc un bien beau garçon?
—Beau et bon. Il a un million de dot. Son père possède des richesses immenses; il est fils unique, et il héritera de tout.
La jeune fille avait prononcé ces derniers mots avec une sorte d'animation fébrile; le marquis la regarda avec étonnement et secoua la tête d'un air de doute.
—Pauvre Clémence, dit-il, seraient-ce peut-être ses millions qui vous séduisent? Je ne puis le croire. Pour nous surtout, l'argent n'est pas une source d'honneur ni de mérite. Notre richesse consiste dans les services que nos aïeux, de père en fils, ont rendus au roi et au pays, dans notre sang versé, dans les faits héroïques accomplis, dans tous les sacrifices pour conserver pur et sans tache le nom de notre race a travers tous les événements de l'histoire et toutes les séductions du monde.
—Je le sais, mon cher parrain, soupira la jeune fille, et cependant…
—Et cependant vous désirez vous marier avec Herman Steenvliet?
—Oui, je le désire!