En achevant ces mots elle mit son carreau à dentelles de côté, le recouvrit d'un drap blanc et sortit de la pièce. La veuve, de son côté, continua à faire sa cuisine. Elle plaça un pot de fer sur le poêle, le remplit à moitié d'eau et recommença à peler ses pommes de terre.
A peine s'était-elle remise à l'ouvrage qu'elle poussa un cri de surprise et d'angoisse. Elle ne pouvait en croire ses yeux, Herman, Herman Steenvliet, venait d'entrer.
Son visage était très pâle et ses lèvres tremblaient pendant qu'il regardait de tous côtés autour de lui.
La femme Wouters se leva précipitamment, courut à la porte du jardin pour la fermer, revint, éleva ses mains devant le jeune homme comme pour l'empêcher d'avancer et s'écria d'une vois étouffée:
—Ah! monsieur Steenvliet, que venez-vous faire ici? Partez, je vous en prie. Voulez-vous encore nous exposer à la calomnie?
—Je veux voir Lina, répondit-il.
—Mais grand-père l'a strictement défendu, si Lina savait que vous êtes venu, elle s'enfuirait.
—Je dois lui parler et je lui parlerai. Où est-elle? Au jardin?
Il se dirigeait déjà vers la porte du jardin, mais la veuve effrayée se plaça devant lui et le supplia à mains jointes.
—Pour l'amour de Dieu, Monsieur, allez-vous-en. Il y a peut-être des gens qui vous ont vu entrer chez nous. Que va-t-on dire encore dans le village?