—Depuis la mort de ma pauvre femme, il n'y a plus rien de bon à attendre de cet imbécile! Il a encore découché, le bambocheur!…. Malheur! quelle sera la fin scandaleuse de tout cela? Ah! je rêve pour lui le succès, le bonheur et la considération dans le monde; je me tue à piocher, pour lui laisser une grande fortune et pour le rendre puissant et honoré par l'argent… Et toute cette sollicitude, cette perpétuelle activité n'auraient pas d'autres fruits que la honte et l'humiliation? Mon fils unique ne deviendrait pas autre chose qu'un débauché vulgaire et un ivrogne? Oh! non, non, il m'obéira, ou cette fois je lui casse les reins, aussi vrai que j'existe! Je me remarie, je lui donne une marâtre… ou plutôt je renonce, aux affaires, je dissipe ma fortune, et je me réduis à la pauvreté. Ce sera la récompense de l'ingrat.

Mais la violence de pareilles idées l'effraya. Il se laissa tomber sur une chaise, secoua la tête, et demeura ainsi, profondément découragé, les yeux fixés au parquet.

On frappa à la porte; et comme l'entrepreneur n'entendait pas ou ne voulait pas entendre, on se remit à frapper plus fort.

—Entrez! cria M. Steenvliet avec impatience.

Un domestique en livrée ouvrit la porte.

—Ne vous ai-je pas dit, lourdaud que vous êtes, que je n'y suis pour personne? gronda le maître de la maison.

—En effet, Monsieur, mais c'est un cas particulier, et vous m'en voudriez, sans doute, si je renvoyais encore M. Doureet, et pour la troisième fois.

—Doureet, l'inspecteur des travaux au quartier Louise?

—Oui, Monsieur.

—Eh bien! parlez, qu'est-ce qu'il veut?