—Chargez un de vos amis en ce cas de déclarer tout haut que vous êtes prêt à verser l'argent que vous devez… Par ce moyen, vous prévenez tous les bruits fâcheux. Maintenant, ayez bon courage, monsieur le baron, j'espère que je pourrai vous aider… Allons, prenez encore un verre de vin, cela vous ragaillardira et vous donnera des forces contre le chagrin.
M. d'Overburg à demi consolé vida son verre.
—Ah! puisse le bon Dieu vous inspirer de me sauver! dit-il. Vous me rendriez encore un autre service. Mon fils Alfred, vous le savez, est un désœuvré, un dissipateur. Il est temps qu'on mette fin aux débordements de sa vie de jeune homme. J'étais en négociations avec le comte van Eeckholt qui ne paraît pas éloigné d'accorder à mon fils la main de sa fille cadette. Votre aide seule peut rendre possible cette brillante alliance.
—Et vous croyez que monsieur Alfred, par ce mariage, renoncerait à sa vie de dissipation?
—Infailliblement.
—Ah! si je pouvais aussi, par le même moyen, ramener mon fils dans le bon chemin! soupira l'entrepreneur.
—Mais vous le pouvez, cherchez une femme pour lui, dit le baron.
—Croyez-vous, monsieur le baron, que cela me serait facile?
—Comment pareille chose serait-elle difficile pour vous qui possédez des millions?
L'entrepreneur secoua un instant la tête d'un air pensif.