—Non seulement il nous prête, sous la seule garantie de ma signature, les deux cent cinquante mille francs dont nous avons besoin; mais il nous ouvre sa caisse et il nous tirera de tous nos embarras. Il le peut; il a des millions à sa disposition.

—Ah! quel bonheur inattendu! s'écria madame d'Overburg. Quelle grandeur d'âme chez un homme de basse extraction! Ah! Marcel, si affligeant que cela soit, il faut pourtant le reconnaître, actuellement il n'est pas rare de trouver parmi les bourgeois enrichis plus de noblesse de cœur et de bonté que parmi les gens de haute naissance.

—N'exagérez pas, Laure, répliqua son mari. Ces bourgeois peuvent exercer le commerce et l'industrie. Quand la chance leur sourit, ils gagnent énormément d'argent, et ils ne sont pas obligés de l'épargner par devoir de famille. Nous, au contraire, si nous ne pouvons pas conserver ce que nos parents nous ont laissé, nous allons insensiblement, mais infailliblement vers la déchéance.

—Mais, maintenant, Marcel, nous sommes délivrés de cette inquiétude, n'est-ce pas?

—Oui; mais M. Steenvliet a mis une condition à son assistance.

—Oh! nous l'acceptons sans hésiter.

—Naturellement, Laure; notre salut est à ce prix.

—Et quelle est cette condition?

—Je vais vous le dire: vous avez vu le fils de M. Steenvliet; c'est un gentil garçon, très poli, intelligent, et de plus, réservé et modeste. Notre Clémence paraissait se plaire particulièrement en sa compagnie, n'est-ce pas?

—En effet, Marcel; mais pourquoi me demandez-vous tout cela?