—Je venais vous remercier tous de vos bontés envers moi, répondit le jeune homme.

—C'était bien ce que je pensais, Monsieur, mais cela n'était pas nécessaire, car en pareille circonstance nous en eussions fait autant pour tout le monde.

—Je vous crois, mère Wouters; mais cela n'empêche cependant pas que je ne doive de la reconnaissance à votre père et à votre fille pour la pitié généreuse qu'ils m'ont témoignée. C'est surtout au père Wouters que je veux exprimer ma gratitude.

—Mon père est à son travail, au village; notre Lina est allée à
Hal…

—Alors, je vais vous dire adieu, et je viendrai vous revoir un autre jour.

—A votre place, j'attendrais plutôt un peu, Monsieur, notre Lina est allée porter à la facteuse la dentelle qu'elle venait d'achever; elle devrait déjà être de retour: je l'attends à chaque instant… Vous en aller sans avoir vu mon père ou ma fille? Et vous vous êtes donné la peine de venir de Bruxelles pour cela?

—Pas précisément, la mère; nous avons une petite fête d'amis à l'Aigle d'or.

La bonne femme le regarda avec étonnement.

—Vous allez à l'Aigle d'or? murmura-t-elle. Oh! Monsieur, pour l'amour de Dieu, ne faites pas cela! Vous allez encore vous rendre malade… Voici justement notre Lina qui arrive. Je l'entends qui chante.

Un joyeux sourire éclaira la physionomie du jeune homme, pendant qu'il prêtait l'oreille aux sons encore lointains. Il chantonnait lui-même à demi-voix: